Glossaire de la vie parlementaire
Les petites phrases et les passifs des cartes empruntent leur nom au vocabulaire, souvent codé, de la vie parlementaire française. Voici ce que signifient ces termes, dans l'hémicycle comme dans le jeu.
Procédure parlementaire
- Amendement
- Proposition de modification d'un texte en discussion, déposée par un parlementaire ou par le gouvernement. Un sous-amendement modifie lui-même un amendement. L'examen d'un grand texte peut en compter des milliers : déposer des amendements en masse est une technique d'obstruction classique.
- Article 40
- Article de la Constitution qui déclare irrecevables les propositions des parlementaires dont l'adoption diminuerait les ressources publiques ou créerait ou aggraverait une charge publique. Il est redouté des députés : l'« article 40 » fait tomber avant même leur discussion de nombreux amendements.
- Article 49.3
- Procédure qui permet au Premier ministre d'engager la responsabilité du gouvernement sur un texte. Celui-ci est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure, déposée dans les 24 heures, est votée. Depuis 2008, son usage est limité, hors textes budgétaires, à un texte par session.
- Commission d'enquête
- Commission temporaire créée par l'une des assemblées pour enquêter sur des faits précis ou sur la gestion d'un service public. Elle peut convoquer toute personne, qui est tenue de se présenter et de déposer sous serment. Ses conclusions sont publiées dans un rapport.
- Commission mixte paritaire (CMP)
- Réunion de sept députés et sept sénateurs, chargée de trouver un texte commun quand les deux assemblées ne s'accordent pas. En cas d'échec, le gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement.
- Explication de vote
- Courte intervention, en principe cinq minutes par groupe, dans laquelle un orateur annonce et justifie la position de son groupe juste avant un vote important.
- Motion de censure
- Texte par lequel les députés mettent en cause la responsabilité du gouvernement. Elle doit être signée par un dixième des députés et adoptée à la majorité absolue des membres de l'Assemblée. Si elle est adoptée, le gouvernement doit démissionner. Sous la Vᵉ République, cela n'est arrivé que deux fois : en 1962 et en 2024.
- Navette parlementaire
- Aller-retour d'un projet ou d'une proposition de loi entre l'Assemblée nationale et le Sénat, jusqu'à ce que les deux chambres adoptent le même texte dans les mêmes termes.
- Niche parlementaire
- Journée de séance réservée, une fois par mois, à l'ordre du jour choisi par un groupe d'opposition ou un groupe minoritaire. À ne pas confondre avec la niche fiscale, un avantage fiscal dérogatoire accordé à une catégorie de contribuables.
- Question au gouvernement (QAG)
- Séance retransmise à la télévision, deux fois par semaine à l'Assemblée nationale et une fois au Sénat, pendant laquelle les députés et les sénateurs interrogent les ministres. C'est le moment le plus suivi, et le plus théâtral, de la vie parlementaire.
- Rappel au règlement
- Prise de parole qui invoque le règlement de l'assemblée pour contester le déroulement de la séance. Elle est prioritaire, et donc souvent détournée pour interrompre un débat ou gagner du temps.
- Rapport parlementaire
- Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission, qui analyse un texte ou un sujet et formule des recommandations. Un bon rapport peut faire la réputation d'un élu.
- Suspension de séance
- Interruption temporaire des débats, qu'un président de groupe peut demander. Elle sert à se concerter, et parfois à ralentir l'examen d'un texte.
Lieux et fonctions
- Hémicycle
- Salle des séances en demi-cercle. Les députés y siègent par groupes, de gauche à droite, une disposition héritée de 1789.
- Perchoir
- Surnom du fauteuil surélevé du président de l'Assemblée nationale et, par extension, de sa fonction. On dit « briguer le perchoir ».
- Questeur
- Parlementaire chargé de l'administration et du budget de son assemblée. Chaque chambre en compte trois, dont un issu de l'opposition.
- Groupe parlementaire
- Rassemblement de parlementaires par affinité politique (quinze députés au minimum à l'Assemblée). Le groupe donne accès au temps de parole, aux postes en commission et aux moyens de fonctionnement.
- Permanence
- Local où l'élu reçoit les habitants de sa circonscription. Dans le jeu, la « Permanence de campagne » est l'écran d'accueil, où l'on choisit son parti et où l'on ouvre ses pochettes.
Le lexique politique
- Baron local
- Élu solidement implanté dans son territoire, souvent maire d'une grande ville ou président de département, dont l'influence repose sur ses réseaux.
- Cohabitation
- Situation où le président de la République et la majorité de l'Assemblée sont de bords opposés. Le président doit alors nommer un Premier ministre issu du camp adverse. La France en a connu trois (1986, 1993, 1997).
- Comices agricoles
- Foires agricoles locales où les élus viennent serrer des mains et « tâter le cul des vaches ». Le rite est immortalisé par Flaubert dans Madame Bovary et pratiqué avec constance par Jacques Chirac.
- Cumul des mandats
- Fait d'exercer simultanément plusieurs mandats électifs. Depuis 2017, un parlementaire ne peut plus être en même temps maire, adjoint ou président d'un exécutif local.
- Dissolution
- Décision du président de la République de mettre fin au mandat des députés avant son terme, ce qui provoque des élections anticipées. Il en a été prononcé six sous la Vᵉ République.
- Entre-deux-tours
- La semaine (deux semaines pour la présidentielle) qui sépare les deux tours d'une élection. C'est le temps des ralliements, des désistements et du grand débat télévisé.
- Frondeur
- Parlementaire de la majorité qui s'oppose ouvertement à son propre gouvernement. Le terme s'est imposé sous le quinquennat de François Hollande, pour désigner des députés socialistes.
- Godillot
- Parlementaire qui vote toujours comme le gouvernement le lui demande. L'expression se répand dans les années 1960 pour désigner les députés gaullistes, réputés suivre le Général sans discuter.
- Petite phrase
- Formule courte et frappante, pensée pour être reprise par les médias. Dans le jeu, c'est l'attaque spéciale de chaque carte.
- Réserve parlementaire
- Enveloppe de subventions que chaque parlementaire pouvait attribuer à des communes ou à des associations. Elle a été supprimée en 2017.
- Cinquième colonne
- Expression née pendant la guerre d'Espagne. En 1936, un général nationaliste aurait affirmé marcher sur Madrid avec quatre colonnes, tandis qu'une « cinquième » l'attendait déjà dans la ville. Elle désigne depuis des partisans cachés de l'ennemi, infiltrés dans le camp adverse. Le nom du jeu y fait écho, tout en évoquant la Vᵉ République.