Règles du jeu
La Cinquième Colonne est un jeu de cartes à collectionner sur la vie politique française. On y ouvre des pochettes de campagne, on complète son trombinoscope, on forme un gouvernement de cinq personnalités et on l'envoie débattre contre l'opposition. Cette page détaille toutes les règles, chiffres à l'appui.
1. Le principe
Chaque carte représente une personnalité politique réelle : souverains et ministres de l'Ancien Régime, conventionnels de 1792, pairs de la Restauration, députés de la IIIᵉ République, ministres de la IVᵉ, parlementaires de la Vᵉ jusqu'à l'Assemblée actuelle. Le jeu en compte 5 806 au total. Environ quatre-vingt-dix grandes figures ont une fiche rédigée à la main, avec une « petite phrase » et un passif propres. Les autres sont des député·e·s et sénateur·rice·s importé·e·s depuis Wikidata. Leurs caractéristiques sont calculées à partir de leur notoriété (voir À propos).
Les statistiques sont fictives et satiriques : elles traduisent une place dans la mémoire collective, pas un jugement sur la valeur politique d'une personne.
2. Les pochettes de campagne
Une pochette contient cinq cartes. On la décachette depuis la Permanence, l'écran d'accueil du jeu.
- Recharge gratuite : une pochette gratuite toutes les minutes, jusqu'à cinq en réserve. Quand la réserve est pleine, le minuteur s'arrête.
- Récompense de débat : chaque débat gagné rapporte une pochette, qui peut faire dépasser la limite de cinq.
- Carte garantie : la cinquième carte d'une pochette est au minimum Notable.
- Pochette dorée : toutes les dix pochettes ouvertes, la suivante est dorée. Ses quatre premières cartes sont au minimum Notables, la dernière est au minimum Ténor, et les chances d'obtenir une carte brillante (« foil ») sont triplées.
Près de la moitié des tirages (45 %) favorise les grandes figures rédigées à la main. Sans ce coup de pouce, on croiserait surtout d'obscurs députés de la IIIᵉ République, qui sont des milliers.
3. Les raretés
Les quatre niveaux de rareté reprennent le vocabulaire de la presse politique. Un « second couteau » est un élu de second plan, un « ténor » une voix qui porte dans son camp, un « monument » une figure entrée dans l'histoire.
| Rareté | Pochette normale | Pochette dorée | Exemples |
|---|---|---|---|
| Second couteau | 58 % | — | René Coty, Manuel Valls |
| Notable | 26 % | 50 % | Louis XVI, Édouard Herriot, Élisabeth Borne |
| Ténor | 13 % | 37,5 % | Danton, Jules Ferry, Robert Schuman |
| Monument | 3 % | 12,5 % | Robespierre, Jaurès, de Gaulle, Simone Veil |
Pour les parlementaires importés, la rareté dépend du nombre d'éditions de Wikipédia qui leur consacrent un article, avec un bonus pour une présidence ou une fonction gouvernementale. Une carte a toujours la même rareté et les mêmes statistiques, quel que soit le joueur.
4. Le trombinoscope et les doublons
Le Trombinoscope affiche la collection. On peut le filtrer par époque, par rareté, ou n'y voir que les cartes possédées, et y faire une recherche par nom. Les doublons ne sont pas perdus : cinq doublons s'échangent contre une nouvelle carte, tirée en priorité parmi celles que l'on ne possède pas encore. Le premier exemplaire de chaque carte est toujours conservé.
5. Les statistiques d'une carte
- Popularité (POP)
- Les points de vie. À zéro, la personnalité est « discréditée » et quitte l'hémicycle.
- Rhétorique (RHÉT)
- La force de frappe. Elle fixe les dégâts infligés à l'adversaire.
- Assise électorale (DEF)
- La défense. Plus elle est élevée, moins les attaques adverses portent.
- Sens du tempo (VIT)
- La vitesse. Quand les deux camps attaquent au même tour, le meilleur sens du tempo parle en premier.
Chaque carte a aussi une petite phrase : une attaque spéciale, plus puissante, qui demande quelques tours de recharge. Certaines grandes figures ont en plus un passif, décrit ci-dessous.
6. Les quatre registres
Chaque personnalité appartient à un registre, c'est-à-dire une manière de faire de la politique. Les registres forment un cycle : chacun domine le suivant.
- Verbe (tribune, art oratoire) bat Com : le tribun couvre le communicant.
- Com (image, plateaux, réseaux) bat Dossier : la communication enterre le dossier.
- Dossier (chiffres, maîtrise des textes) bat Terrain : le dossier piège l'élu local.
- Terrain (ancrage local, mairies, marchés) bat Verbe : le terrain ramène le tribun au réel.
Attaquer un registre dominé inflige +25 % de dégâts. Attaquer le registre qui vous domine inflige −15 %. Contre les deux autres registres, les dégâts sont normaux.
7. Former un gouvernement
L'onglet Gouvernement sert à choisir les cinq personnalités qui débattront. On peut composer et nommer jusqu'à trois gouvernements, puis choisir lequel envoyer au débat. Un bon gouvernement couvre plusieurs registres : cinq tribuns du Verbe s'effondrent face à une équipe de Terrain.
À l'accueil, on peut aussi choisir l'un des treize partis proposés pour installer sa permanence. L'interface prend alors la couleur du parti, et les cartes de votre famille politique gagnent +6 % de dégâts en débat. Par exemple, avec le Parti socialiste, les cartes SFIO en profitent aussi. Avec Les Républicains, ce sont les cartes RPR et UMP.
8. Le déroulement d'un débat
Le débat se joue au tour par tour contre l'ordinateur. Une seule personnalité par camp est à la tribune à la fois. À chaque tour, on choisit une action :
- Prendre la parole : attaque simple, toujours disponible.
- Petite phrase : attaque signature, multipliée (de ×1,5 à ×2,1 selon la carte), puis indisponible pendant quelques tours.
- Changer d'orateur : fait monter à la tribune une autre personnalité de son équipe. Un changement passe toujours avant une attaque. Le bouton ↻ Passer la main donne la parole au coéquipier suivant encore en lice.
Les dégâts suivent une formule simple : Rhétorique × 100 / (100 + Assise adverse). On y applique une variation aléatoire de ±10 %, puis le bonus ou malus de registre, le multiplicateur de petite phrase et le bonus de parti. Quand une personnalité tombe à zéro, la suivante prend sa place. Le premier camp qui n'a plus d'orateur perd le débat.
La case Débat automatique laisse l'ordinateur jouer pour vous. C'est pratique pour tester un gouvernement ou enchaîner les débats.
Les passifs
Certaines grandes figures ont un effet permanent pendant le débat :
- Regain de popularité : la personnalité récupère quelques points à chaque fin de tour (Jaurès, Chirac, Hollande, Mendès France, Schuman…).
- Coup de sang : sous 35 % de popularité, la rhétorique s'enflamme, avec 8 à 15 % de dégâts en plus (Clemenceau, Mélenchon, Simone Veil…).
- Cuir épais : tous les dégâts subis sont réduits de 6 à 12 % (de Gaulle, Poincaré, Juppé…).
9. Les formats de débat
Quatre formats sont proposés. Chacun compose l'équipe adverse à sa façon :
- Questions au gouvernement
- La séance de contrôle du mardi et du mercredi. Équipe adverse équilibrée, difficulté modérée : le format pour débuter.
- Plateau télé du dimanche soir
- Formats courts et formules choc. L'opposition n'aligne que des profils Com et Verbe : une équipe riche en Dossier y souffre, une équipe de Verbe y excelle.
- Meeting de l'entre-deux-tours
- Ferveur militante et élus de terrain, des adversaires solides. Mieux vaut prévoir du Dossier.
- Débat du second tour
- Le grand oral : l'opposition n'aligne que des Ténors et des Monuments. À réserver à un gouvernement bien rodé.
10. Conseils de stratégie
- Variez les registres. Deux ou trois registres différents dans un gouvernement évitent de tout perdre contre une seule équipe.
- Gardez la petite phrase pour achever un adversaire affaibli, ou pour frapper un registre que vous dominez.
- Changez d'orateur plutôt que de laisser une carte tomber. Une personnalité mise à l'abri reviendra plus tard, et celles qui ont un regain de popularité récupèrent pendant ce temps.
- Le sens du tempo compte dans les duels serrés : parler en premier permet d'éliminer l'adversaire avant sa riposte.
- Le bonus de parti est modeste (+6 %), mais il s'applique à chaque attaque. Pour un parti qui a de nombreuses cartes, un gouvernement monocolore peut se défendre.
11. Sauvegarde
La progression est enregistrée dans le navigateur, sans inscription. Une connexion Google facultative permet de la retrouver sur plusieurs appareils. Le détail des données enregistrées se trouve dans la politique de confidentialité.