📺 La Vᵉ République (1958 à aujourd'hui)
Conçue pour mettre fin à l'instabilité de la IVᵉ République, la Constitution de 1958 a été révisée plus de vingt fois. Elle a connu des majorités écrasantes, trois cohabitations, puis une Assemblée sans majorité. C'est l'époque la plus riche du jeu, avec 2 079 cartes.
Une constitution pour gouverner
Rédigée à l'été 1958 sous l'autorité du général de Gaulle et de Michel Debré, la Constitution est approuvée par référendum le 28 septembre 1958 par près de 80 % des votants, et promulguée le 4 octobre. Elle renforce l'exécutif. Le président nomme le Premier ministre, peut dissoudre l'Assemblée nationale (article 12), soumettre certains projets au référendum (article 11) et exercer des pouvoirs exceptionnels en cas de crise grave (article 16).
Surtout, elle organise un parlementarisme rationalisé :
- le domaine de la loi est limité (article 34) et tout le reste relève du règlement (article 37) ;
- les parlementaires ne peuvent pas proposer de mesure qui crée une charge publique ou diminue les ressources publiques (article 40) ;
- le gouvernement peut exiger un vote unique sur un texte (« vote bloqué », article 44) ;
- il peut engager sa responsabilité sur un texte, qui est alors adopté sans vote sauf si une motion de censure est votée (article 49.3) ;
- une motion de censure n'est adoptée qu'à la majorité absolue des députés : seuls les votes « pour » sont comptés.
Un Conseil constitutionnel veille au respect de ce partage. D'abord conçu comme un gardien des prérogatives du gouvernement, il devient un véritable juge des libertés à partir de sa décision de 1971 sur la liberté d'association.
Le tournant de 1962
En 1962, de Gaulle fait adopter par référendum l'élection du président au suffrage universel direct. Pour la première et longtemps la seule fois, l'Assemblée renverse le gouvernement de Georges Pompidou par une motion de censure. De Gaulle dissout, et les gaullistes remportent les élections. Le président devient la clé de voûte des institutions. La première élection présidentielle directe, en 1965, met de Gaulle en ballottage face à François Mitterrand.
Alternances et cohabitations
Après Pompidou puis Valéry Giscard d'Estaing, qui abaisse la majorité à 18 ans et fait voter la loi Veil sur l'IVG en 1975, la gauche arrive au pouvoir en 1981 avec François Mitterrand. C'est la première alternance du régime. La Constitution prouve alors qu'elle peut fonctionner quand le président et la majorité de l'Assemblée ne sont pas du même camp. C'est la cohabitation :
| Période | Président | Premier ministre |
|---|---|---|
| 1986–1988 | François Mitterrand | Jacques Chirac |
| 1993–1995 | François Mitterrand | Édouard Balladur |
| 1997–2002 | Jacques Chirac | Lionel Jospin |
Pour limiter ce risque, le référendum de 2000 réduit le mandat présidentiel à cinq ans. En 2001, le calendrier électoral est inversé pour que les législatives suivent la présidentielle. La logique majoritaire se renforce, et le président devient aussi le chef effectif de sa majorité.
Réformes du Parlement
La révision constitutionnelle de 2008 rééquilibre en partie les pouvoirs. L'ordre du jour est désormais partagé entre le gouvernement et les assemblées. Le 49.3 est limité, hors budgets, à un texte par session. La question prioritaire de constitutionnalité (QPC) permet à tout justiciable de contester une loi déjà en vigueur. Les lois sur la parité (à partir de 2000) et sur le non-cumul des mandats (appliquée depuis 2017) transforment aussi le visage des assemblées.
Le retour des majorités relatives
Après 1988, les élections législatives de 2022 produisent à nouveau une Assemblée sans majorité absolue. La dissolution de juin 2024, la sixième du régime après celles de 1962, 1968, 1981, 1988 et 1997, donne une Assemblée encore plus fragmentée, répartie en trois grands blocs. En décembre 2024, une motion de censure est adoptée pour la deuxième fois de l'histoire du régime et renverse le gouvernement de Michel Barnier. Le Parlement, longtemps décrit comme une chambre d'enregistrement, redevient un lieu central de décision et d'affrontement.
Deux chambres
L'Assemblée nationale compte 577 députés élus pour cinq ans au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Le Sénat compte 348 sénateurs élus pour six ans au suffrage indirect par environ 160 000 grands électeurs, surtout des délégués des conseils municipaux. En cas de désaccord, la navette entre les deux chambres peut aboutir à une commission mixte paritaire. Le gouvernement peut alors donner le dernier mot à l'Assemblée.
Les figures du jeu
Toutes les grandes figures de la Vᵉ République ont une fiche rédigée à la main. Les milliers d'autres cartes de l'époque sont des député·e·s et sénateur·rice·s ayant un article sur Wikipédia.
- Monument Charles de Gaulle UNR
- Ténor Georges Pompidou UDR
- Monument Valéry Giscard d’Estaing Républicains indépendants
- Monument François Mitterrand PS
- Monument Jacques Chirac RPR
- Ténor Michel Rocard PS
- Notable Pierre Mauroy PS
- Ténor Laurent Fabius PS
- Ténor Lionel Jospin PS
- Ténor Alain Juppé RPR
- Ténor Dominique de Villepin UMP
- Ténor François Fillon Les Républicains
- Monument Simone Veil UDF
- Ténor Christiane Taubira PRG
- Ténor Martine Aubry PS
- Notable Arnaud Montebourg PS
- Second couteau Roselyne Bachelot UMP
- Notable
Jean-Marie Le Pen Front national
Fondateur du Front national, plusieurs fois condamné pour propos racistes et contestation de crimes contre l’humanité ; exclu de son parti en 2015.
- Monument Emmanuel Macron Renaissance
- Monument Marine Le Pen Rassemblement national
- Monument Jean-Luc Mélenchon La France insoumise
- Monument Nicolas Sarkozy Les Républicains
- Ténor François Hollande Parti socialiste
- Notable Ségolène Royal Parti socialiste
- Second couteau Manuel Valls Renaissance
- Notable Élisabeth Borne Renaissance
- Ténor Édouard Philippe Horizons
- Ténor Gabriel Attal Renaissance
- Notable Bruno Le Maire Renaissance
- Notable Gérald Darmanin Renaissance
- Ténor François Bayrou MoDem
- Ténor Jordan Bardella Rassemblement national
- Ténor Éric Zemmour Reconquête
- Notable Marine Tondelier Les Écologistes
- Notable Sandrine Rousseau Les Écologistes
- Notable Fabien Roussel Parti communiste
- Notable Olivier Faure Parti socialiste
- Notable Raphaël Glucksmann Place publique
- Notable Rachida Dati Les Républicains
- Notable Yaël Braun-Pivet Renaissance
- Second couteau Laurent Wauquiez Les Républicains
- Second couteau Clémentine Autain L’Après
- Second couteau Aurore Bergé Renaissance
- Second couteau Bernard Cazeneuve La Convention