📻 La IVᵉ République (1946–1958)
On a longtemps résumé la IVᵉ République à son instabilité, avec plus d'une vingtaine de gouvernements en douze ans. Elle a pourtant reconstruit le pays, lancé la construction européenne et posé les bases des Trente Glorieuses, avant de se briser sur la guerre d'Algérie.
Des institutions dominées par l'Assemblée
La Constitution de 1946 place au centre du régime l'Assemblée nationale, élue à la proportionnelle. Elle vote seule la loi et investit le président du Conseil. Le Conseil de la République, héritier affaibli du Sénat, n'émet que des avis. Le président de la République, élu par le Parlement pour sept ans, a surtout un rôle d'arbitre. Vincent Auriol (1947–1954) l'a exercé avec autorité. René Coty lui succède, élu au treizième tour de scrutin.
La proportionnelle favorise la multiplication des partis et rend les majorités fragiles. Les procédures de censure et de confiance, pensées pour stabiliser les gouvernements, sont contournées : les présidents du Conseil démissionnent souvent sans avoir été formellement renversés.
Du tripartisme à la troisième force
Jusqu'en mai 1947, le pays est gouverné par le tripartisme, une alliance du PCF, de la SFIO et du MRP. En pleine guerre froide et après des grèves massives, le socialiste Paul Ramadier renvoie les ministres communistes. Le PCF de Maurice Thorez, premier parti de France, restera dans l'opposition. Au centre, la troisième force (SFIO, MRP, radicaux, modérés) gouverne alors contre deux oppositions, les communistes et les gaullistes du RPF. La loi des « apparentements » de 1951 réduit leur représentation en favorisant les listes alliées.
Reconstruction et Europe
Le Plan Monnet modernise l'industrie. Antoine Pinay stabilise la monnaie en 1952 avec son emprunt indexé sur l'or. Le 9 mai 1950, Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères, propose de mettre en commun le charbon et l'acier français et allemands. C'est l'origine de la CECA (1951), puis des traités de Rome (1957), signés sous le gouvernement de Guy Mollet. En août 1954, l'Assemblée rejette en revanche la Communauté européenne de défense.
Les guerres coloniales
La guerre d'Indochine (1946–1954) s'achève après Diên Biên Phu. Pierre Mendès France, investi en juin 1954, négocie les accords de Genève en un mois, comme il s'y était engagé. Il ouvre aussi la voie à l'autonomie de la Tunisie. Son style (causeries radiophoniques, franc-parler, exigence de rigueur) marque durablement la gauche. En novembre 1954 éclate la guerre d'Algérie. Le Front républicain gagne les élections de janvier 1956, après la dissolution décidée par Edgar Faure fin 1955. Guy Mollet devient président du Conseil et intensifie l'effort militaire. La même année voit l'expédition de Suez.
La chute
Le 13 mai 1958, à Alger, des manifestants partisans de l'Algérie française s'emparent du gouvernement général et un « comité de salut public » réclame le retour du général de Gaulle. Pour éviter la guerre civile, René Coty fait appel au « plus illustre des Français ». Investi le 1ᵉʳ juin 1958, de Gaulle obtient les pleins pouvoirs et le mandat de rédiger une nouvelle constitution. La Vᵉ République naît quatre mois plus tard.
Les figures du jeu
L'époque compte 187 cartes. Fiches rédigées à la main :
- Monument Pierre Mendès France Parti radical
- Ténor Robert Schuman MRP
- Notable Antoine Pinay CNIP
- Notable Guy Mollet SFIO
- Notable Vincent Auriol SFIO
- Second couteau René Coty CNIP
- Ténor Maurice Thorez PCF
- Notable Edgar Faure Parti radical
- Second couteau Georges Bidault MRP