🌳 La IIᵉ République (1848–1852)
La plus brève des républiques françaises a été l'une des plus fécondes. En quelques semaines, elle instaure le suffrage universel masculin et abolit l'esclavage. En moins de quatre ans, elle se donne aussi le président qui la renversera.
Le « printemps » de 1848
Le 24 février 1848, Louis-Philippe abdique. À l'Hôtel de Ville, un gouvernement provisoire proclame la République. On y trouve le poète Lamartine, le radical Ledru-Rollin, le socialiste Louis Blanc, le savant Arago et l'ouvrier Albert. Lamartine refuse le drapeau rouge et défend le drapeau tricolore. Les décisions s'enchaînent :
- suffrage universel masculin (décret du 5 mars 1848) : le corps électoral passe d'environ 240 000 à plus de 9 millions d'électeurs ;
- abolition de la peine de mort en matière politique ;
- liberté de la presse et de réunion ;
- abolition de l'esclavage dans les colonies (décret du 27 avril 1848), préparée par Victor Schœlcher ;
- création des Ateliers nationaux pour donner du travail aux chômeurs parisiens.
De l'espoir aux journées de Juin
Les élections à l'Assemblée constituante (23 avril 1848) connaissent une participation massive. Elles envoient pourtant une majorité de républicains modérés et de notables ruraux, loin des attentes des clubs parisiens. La fermeture des Ateliers nationaux déclenche l'insurrection ouvrière de juin 1848. Le général Cavaignac l'écrase au prix de plusieurs milliers de morts. Cette rupture entre la République et le monde ouvrier pèsera longtemps.
La Constitution de 1848
La constitution adoptée en novembre 1848 repose sur une assemblée unique de 750 membres. Elle crée surtout un président de la République élu au suffrage universel direct pour quatre ans, et non immédiatement rééligible. Le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte l'emporte avec près de 75 % des voix. Cavaignac arrive loin derrière, et Ledru-Rollin et Lamartine obtiennent des scores marginaux. Le nom de Bonaparte a suffi à convaincre les campagnes.
L'Assemblée législative et le coup d'État
Élue en mai 1849, l'Assemblée législative est dominée par le parti de l'Ordre, qui réunit monarchistes et conservateurs. Adolphe Thiers en est l'un des chefs. Face à eux, les « démocrates-socialistes » (la Montagne) de Ledru-Rollin résistent un temps, jusqu'à l'échec de leur manifestation de juin 1849. La loi Falloux (1850) renforce la place de l'Église dans l'enseignement. La loi du 31 mai 1850 impose trois ans de résidence pour voter, ce qui écarte près de trois millions d'électeurs, surtout ouvriers.
La Constitution interdit au président de se représenter. Le 2 décembre 1851, anniversaire d'Austerlitz, Louis-Napoléon dissout l'Assemblée et rétablit, habilement, le suffrage universel. La résistance, notamment dans le Midi, est durement réprimée. Victor Hugo, député de Paris, part pour un exil de dix-neuf ans. Un an plus tard, le 2 décembre 1852, l'Empire est rétabli.
Les figures du jeu
La brièveté du régime explique le petit nombre de cartes (100), qui compte pourtant quelques-unes des plus grandes voix du siècle :
- Monument Alphonse de Lamartine Républicains modérés
- Ténor Alexandre Ledru-Rollin Républicains radicaux
- Monument Victor Hugo Gauche républicaine
- Monument Adolphe Thiers Parti de l’Ordre / Républicains conservateurs