🦅 Empires & Monarchies (1804–1870)
Entre le sacre de Napoléon et la chute de Napoléon III, la France essaie tous les régimes sauf la république (à l'exception de la brève IIᵉ République). C'est pourtant pendant ces décennies que s'invente la pratique parlementaire française.
Le Premier Empire (1804–1814/1815)
Napoléon conserve les assemblées du Consulat mais les vide de leur substance : le Tribunat est supprimé en 1807, et le Corps législatif enregistre des lois préparées par le Conseil d'État. L'œuvre administrative de la période est en revanche durable : Code civil (1804), préfets, lycées, Banque de France. Après la première abdication de 1814 et l'épisode des Cent-Jours (mars à juin 1815), l'Empire disparaît à Waterloo.
La Restauration (1814–1830)
Louis XVIII « octroie » la Charte de 1814. Elle crée une Chambre des pairs, nommés par le roi, et une Chambre des députés, élue au suffrage censitaire. Pour voter, il faut payer au moins 300 francs d'impôts directs, et 1 000 francs pour être éligible. Le pays compte alors environ 100 000 électeurs pour près de 30 millions d'habitants.
Dans ce cadre étroit naissent pourtant les usages parlementaires : débats publics, discours à la tribune, presse d'opinion, et surtout l'idée que les ministres doivent avoir la confiance de la Chambre. Les ultras, plus royalistes que le roi, dominent la « Chambre introuvable » de 1815. Face à eux, les libéraux et les doctrinaires, comme Royer-Collard ou Guizot, défendent les libertés garanties par la Charte. Les ordonnances de juillet 1830, qui suspendent la liberté de la presse et dissolvent la Chambre, provoquent les Trois Glorieuses.
La monarchie de Juillet (1830–1848)
Louis-Philippe devient « roi des Français ». La Charte révisée abaisse le cens à 200 francs. Le corps électoral double, mais reste d'environ 240 000 électeurs à la fin du règne. La vie parlementaire est intense : le parti du Mouvement, réformateur, s'y oppose au parti de la Résistance, conservateur. Thiers et Guizot dominent la période. Le refus obstiné d'élargir le droit de vote nourrit la « campagne des banquets » de 1847. Son interdiction débouche sur la révolution de février 1848.
Le Second Empire (1852–1870)
Louis-Napoléon Bonaparte, président de la IIᵉ République devenu empereur, conserve le suffrage universel masculin mais l'encadre. Les plébiscites servent à approuver le régime. Les « candidatures officielles » bénéficient de l'appui des préfets. Le Corps législatif n'a d'abord ni l'initiative des lois ni le droit d'interpeller le gouvernement. À partir de 1860, l'« Empire libéral » rend peu à peu ses pouvoirs à l'assemblée : droit d'adresse, publication des débats, droit d'interpellation (1867). L'opposition républicaine y progresse, avec les « Cinq » de 1857 puis les élus de 1863 et de 1869. En janvier 1870, Émile Ollivier forme un ministère responsable devant les chambres. La défaite de Sedan (1ᵉʳ septembre 1870) emporte le régime trois jours plus tard.
Les figures du jeu
L'époque fournit 1 000 cartes : pairs de France, députés de la Restauration et de la monarchie de Juillet, sénateurs et députés du Second Empire. Fiches rédigées à la main :
- Monument
Napoléon Ier Maison Bonaparte (Premier Empire)
Premier empereur des Français (1804–1814, puis Cent-Jours en 1815), général devenu maître de l’Europe avant l’exil à Sainte-Hélène.
- Ténor
Napoléon III Maison Bonaparte (Second Empire)
Neveu de Napoléon Ier, premier président élu de la IIᵉ République puis empereur des Français de 1852 à 1870, chute après la défaite de Sedan.