🎩 La IIIᵉ République (1870–1940)
Née d'une défaite et emportée par une autre, la IIIᵉ République reste à ce jour le régime le plus long de la France depuis 1789 : soixante-dix ans. C'est elle qui enracine la République dans les villages, par l'école, la mairie et le suffrage universel.
Une République provisoire qui dure
Le 4 septembre 1870, deux jours après Sedan, Léon Gambetta proclame la République à l'Hôtel de Ville de Paris. L'Assemblée élue en février 1871 est pourtant majoritairement monarchiste. Elle confie l'exécutif à Adolphe Thiers, qui réprime la Commune de Paris au printemps 1871. Les monarchistes, divisés entre légitimistes et orléanistes, ne parviennent pas à restaurer la royauté. En 1875, un amendement du député Henri Wallon, adopté à une voix de majorité, inscrit dans les lois constitutionnelles l'élection du « président de la République ».
Les lois constitutionnelles de 1875 organisent un régime parlementaire à deux chambres : une Chambre des députés élue au suffrage universel masculin et un Sénat élu au suffrage indirect, surnommé le « grand conseil des communes de France ». Le président, élu pour sept ans par les deux chambres réunies en Congrès, peut dissoudre la Chambre avec l'accord du Sénat.
La crise du 16 mai 1877
Le président Mac Mahon, monarchiste, renvoie le président du Conseil républicain Jules Simon, puis dissout la Chambre. Gambetta lance alors sa célèbre formule : le président devra « se soumettre ou se démettre ». Les républicains remportent les élections. Mac Mahon se soumet, puis démissionne en 1879. Plus aucun président n'osera dissoudre la Chambre sous la IIIᵉ République. Le pouvoir bascule durablement vers le Parlement, et la présidence devient une magistrature d'influence.
Les grandes lois républicaines
- liberté de réunion (1881) et loi sur la liberté de la presse (29 juillet 1881) ;
- lois Ferry (1881–1882) : école primaire gratuite, obligatoire et laïque ;
- loi Waldeck-Rousseau sur les syndicats (1884) ;
- loi sur les associations (1ᵉʳ juillet 1901) ;
- séparation des Églises et de l'État (9 décembre 1905), dont Aristide Briand est le rapporteur ;
- impôt sur le revenu (1914), défendu par Joseph Caillaux.
Crises et combats
Le régime traverse des tempêtes : la crise boulangiste (1887–1889), le scandale de Panama (1892) et surtout l'affaire Dreyfus (1894–1906). Celle-ci coupe le pays en deux et structure durablement la gauche et la droite. Georges Clemenceau publie le « J'accuse… ! » d'Émile Zola dans son journal L'Aurore en janvier 1898. Jean Jaurès, député socialiste de Carmaux, fondateur de L'Humanité, unifie les socialistes dans la SFIO en 1905. Il est assassiné le 31 juillet 1914, à la veille de la guerre.
Pendant la Grande Guerre, l'Union sacrée rassemble presque toutes les familles politiques. Clemenceau, appelé à la présidence du Conseil en novembre 1917, mène la guerre jusqu'à la victoire et gagne le surnom de « Père la Victoire ».
L'entre-deux-guerres
La vie politique de l'entre-deux-guerres est marquée par l'instabilité ministérielle : les gouvernements durent en moyenne quelques mois. Le Parti radical, pivot de toutes les majorités, gouverne tantôt à gauche, tantôt à droite. Le Cartel des gauches d'Édouard Herriot gagne les élections en 1924. Raymond Poincaré sauve le franc en 1926. En 1936, le Front populaire porte Léon Blum au pouvoir : accords Matignon, congés payés, semaine de quarante heures. Pour la première fois, trois femmes entrent au gouvernement, alors qu'elles n'ont toujours pas le droit de vote. Deux ans plus tard, Édouard Daladier signe les accords de Munich.
La fin : le 10 juillet 1940
Après l'effondrement militaire de mai et juin 1940, Paul Reynaud démissionne et le maréchal Pétain demande l'armistice. Réunis à Vichy, députés et sénateurs votent le 10 juillet 1940, par 569 voix contre 80, les pleins pouvoirs constituants au maréchal. Les « quatre-vingts » qui ont voté contre sont restés dans l'histoire. La IIIᵉ République disparaît sans avoir été formellement abolie. La suite est racontée dans Guerre & Libération.
Les figures du jeu
Avec 1 572 cartes, la IIIᵉ République est l'une des époques les mieux représentées. Fiches rédigées à la main :
- Monument Léon Gambetta Union républicaine
- Ténor Jules Ferry Républicains opportunistes
- Monument Georges Clemenceau Radical
- Monument Jean Jaurès SFIO
- Ténor Raymond Poincaré Fédération républicaine
- Ténor Aristide Briand Parti républicain-socialiste
- Monument Léon Blum SFIO
- Notable Édouard Herriot Parti radical
- Notable Joseph Caillaux Parti radical
- Notable Paul Reynaud Alliance démocratique
- Notable Édouard Daladier Parti radical
- Second couteau Alexandre Millerand Bloc national
- Notable
Philippe Pétain Sans étiquette
Héros de Verdun (1916) puis chef du régime de Vichy (1940–1944), condamné pour collaboration à la Libération.