La Cinquième Colonne

Les époques › Iʳᵉ République

⚜️ La Iʳᵉ République (1792–1804)

Douze années, trois régimes successifs (la Convention, le Directoire, le Consulat) et une expérience politique sans précédent : gouverner un grand pays européen sans roi, au nom de la souveraineté nationale, en pleine guerre.

La Convention nationale (1792–1795)

Élue au suffrage presque universel masculin, mais avec une forte abstention, la Convention se réunit le 20 septembre 1792. Le lendemain, elle abolit la royauté. Ses quelque 750 députés se répartissent en trois groupes informels. Les Girondins, attachés aux départements et favorables à la guerre, siègent à droite. Les Montagnards, installés sur les gradins les plus hauts, s'appuient sur les sections parisiennes. Entre les deux, la Plaine (ou « Marais ») arbitre les votes.

La Convention juge Louis XVI, qui est exécuté le 21 janvier 1793. Face à l'invasion étrangère, à la guerre de Vendée et aux insurrections fédéralistes, elle confie le pouvoir exécutif à un Comité de salut public, créé en avril 1793. Les Girondins sont éliminés les 31 mai et 2 juin 1793. Commence alors la période que l'on appellera la Terreur : gouvernement révolutionnaire, loi des suspects, tribunal révolutionnaire. Robespierre, Saint-Just et Couthon en sont les figures les plus connues. Carnot, lui, organise les armées de la République.

La Terreur frappe aussi les révolutionnaires : Danton et Desmoulins sont guillotinés en avril 1794. Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), une coalition de conventionnels renverse Robespierre, exécuté le lendemain. La « Convention thermidorienne » démantèle le gouvernement révolutionnaire et prépare une nouvelle constitution.

Une œuvre législative considérable

On retient souvent la violence de ces années. On oublie qu'elles fondent aussi des institutions durables : le système métrique, l'état civil laïc, le divorce (1792), la première abolition de l'esclavage dans les colonies (4 février 1794), les grandes écoles (Polytechnique, École normale), le Conservatoire des arts et métiers. Condorcet présente dès 1792 un plan d'instruction publique qui inspirera l'école républicaine un siècle plus tard.

Le Directoire (1795–1799)

La Constitution de l'an III veut éviter à la fois la dictature d'un homme et celle d'une assemblée. Le pouvoir législatif est partagé entre deux chambres : le Conseil des Cinq-Cents, qui propose les lois, et le Conseil des Anciens, qui les adopte. L'exécutif est confié à cinq directeurs. Le suffrage redevient censitaire. Le régime, pris entre les royalistes et les néo-jacobins, ne survit qu'en annulant les élections qui lui déplaisent (coups d'État de fructidor an V et de floréal an VI).

Le Consulat (1799–1804)

Le 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), le général Bonaparte, avec l'appui de Sieyès, renverse le Directoire. La Constitution de l'an VIII éclate le pouvoir législatif entre plusieurs corps. Le Tribunat discute les lois sans les voter. Le Corps législatif les vote sans les discuter. Le Sénat conservateur veille à la constitution. Le véritable pouvoir revient au Premier consul. Consul à vie en 1802, Napoléon Bonaparte devient empereur des Français en mai 1804 : la République s'efface devant l'Empire.

Les grandes figures du jeu

Le jeu compte 767 cartes de cette époque, dont une majorité de conventionnels et de membres des conseils du Directoire. Voici les fiches rédigées à la main :

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