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🗞️ Guerre & Libération (1940–1946)

Six années sans parlement élu, puis la refondation. Entre juillet 1940 et octobre 1946, la France passe d'un régime autoritaire de collaboration à une nouvelle République, en accordant au passage le droit de vote aux femmes.

L'« État français » de Vichy

Les pleins pouvoirs votés le 10 juillet 1940 permettent au maréchal Pétain de se proclamer « chef de l'État français » dès le lendemain. Les chambres sont ajournées « jusqu'à nouvel ordre » et ne se réuniront plus. La devise « Travail, Famille, Patrie » remplace « Liberté, Égalité, Fraternité ». Le régime supprime les libertés publiques, promulgue les lois antisémites (statuts des Juifs d'octobre 1940 et de juin 1941) et s'engage dans la collaboration avec l'occupant, qui ira jusqu'à la participation aux déportations. Pétain est condamné à mort en 1945, peine commuée en détention à perpétuité.

La France libre et la Résistance

Le 18 juin 1940, depuis Londres, le général de Gaulle appelle à poursuivre le combat. La France libre se dote peu à peu d'institutions : Comité national français (1941), puis Comité français de libération nationale à Alger (1943). En métropole, Jean Moulin unifie les mouvements de résistance. Le Conseil national de la Résistance (CNR) se réunit pour la première fois le 27 mai 1943, à Paris. Il associe des mouvements, des syndicats et des partis politiques, et adopte en mars 1944 un programme qui inspirera les grandes réformes de la Libération.

Une Assemblée consultative provisoire siège à Alger à partir de novembre 1943, puis à Paris. Elle réunit des résistants et d'anciens parlementaires restés fidèles à la République. C'est elle qui prépare l'ordonnance du 21 avril 1944 : « les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ».

La Libération et le Gouvernement provisoire

Le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), présidé par de Gaulle, rétablit la légalité républicaine : les actes de Vichy sont déclarés nuls. Il engage des réformes profondes : nationalisations (charbonnages, Renault, électricité et gaz), création de la Sécurité sociale (ordonnances d'octobre 1945), comités d'entreprise.

Les Françaises votent pour la première fois aux municipales d'avril et mai 1945. Le 21 octobre 1945, un référendum enterre la IIIᵉ République à une écrasante majorité, et les électeurs désignent le même jour une Assemblée constituante. Trente-trois femmes y entrent. Trois partis dominent : le Parti communiste, la SFIO et le MRP (démocrates-chrétiens).

Une constitution en deux temps

En désaccord avec les partis sur le rôle de l'exécutif, de Gaulle quitte le pouvoir le 20 janvier 1946. Un premier projet de constitution, qui prévoit une assemblée unique toute-puissante, est rejeté par référendum le 5 mai 1946. Une seconde Assemblée constituante, élue en juin, rédige un texte de compromis, approuvé le 13 octobre 1946. De Gaulle s'y était opposé : dès juin, dans son discours de Bayeux, il avait défendu un exécutif fort, à l'opposé de ce projet. La IVᵉ République est née.

Les figures du jeu

L'époque ne compte que 62 cartes, principalement des membres des assemblées consultative et constituantes. Les grandes figures de ces années, comme de Gaulle ou Pétain, sont rattachées dans le jeu à l'époque où leur carrière s'est surtout jouée.

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